VANGOVANGO DE MADAGASCAR, ENTRE HISTOIRE ET POUVOIR

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Il existe de par le monde de nombreux bijoux iconiques, mais peu sont parvenus à se faire une telle place dans l’identité collective d’un peuple, d’une nation et par ricochet, d’une région du globe, en s’imposant au poignet des hommes et des femmes ! Le Vangovango est devenu le bijou fétiche des Malgaches ces dernières années. Il se démarque non seulement par sa beauté mais aussi par son histoire et, éventuellement, par ses bienfaits.

Le Vangovango est un bracelet en forme de jonc fait en argent. Il est porté autant par les femmes que les hommes de tout âge. De par sa forme, ses origines remontent très loin dans le temps. Il a été dit que le vangovango était un anciens bracelet d’esclaves. À l’époque, le bracelet était fermé. Une fois les esclaves émancipés, il est coupé, travaillé et conservé comme un signe de reconnaissance.

Aujourd’hui, si certains portent le vangovango juste comme un bijou ordinaire ou une parure en temps de fête, certains continuent de chérir les vertus du bracelet. Selon les anciens, le vangovango constitue une protection contre les mauvais sorts, il attire aussi la chance. Dans les Foko Sakalava et Vezo (Sud-Ouest de Madadagascar), aucun pêcheur ne prend la mer sans son bracelet d’argent vangovango.

Les bracelets « vango vango » ont une valeur historique à Madagascar et leurs origines ainsi que leur design varient de région en région mais ils ne sont jamais similaires. La tradition aurait plus d’un siècle et à l’origine ils étaient fabriqués à partir de pièces de 5 francs en argent qui étaient fondues. Aujourd’hui les bijoutiers proposent des modèles avec des pierres semi précieuses, des ajouts d’or et des design originaux.

Les rois Malgaches Sakalava qui ne ne souhaitaient pas stocker de la monnaie battue avec le visage d’un autre suzerain demandaient aux forgerons de les fondre pour en faire des bracelets qui resteraient dans le trésor royal. Puis les commerçants ont pris le pas et portaient leurs pièces d’argent au forgeron pour qu’il fabrique un bracelet. Le vango vango dévoilait alors l’origine géographique et sociale de son porteur.

Le bijou se transmet alors dans le cercle familial comme un héritage et est surnommé par endroits « le bracelet de grands-mères ». Par la suite il devient une tradition faisant lien avec la généalogie. Tout Malgache se doit alors de porter son Vango Vango.

En brousse, avec la montée de l’extrême pauvreté à Madagascar, le Vango Vango est parfois l’unique valeur des habitants et ces derniers revendent ce trésor de famille à des collectionneurs pour pouvoir subsister encore quelques mois.

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