L’IMAGINAIRE DES MANGROVES DE MAYOTTE PAR LINDA R.

0
33

La mangrove est une forêt, généralement de palétuviers, qui pousse dans l’eau boueuse des rivages maritimes.

Ces arbres très spéciaux s’adaptent à leur milieu hostile, en particulier avec des racines aériennes (pneumatophores) ; leurs branches entremêlées et souples les rendent impénétrables. Ce milieu caractéristique des zones tropicales visible en Guyane, en Guadeloupe et à Mayotte (pour ne citer que des régions relevant de la France), favorable aux animaux, fut longtemps considéré comme une nuisible réserve à moustiques et donc une source de maladies. La modernité, l’hygiénisme, la croissance démographique, le tourisme des petites îles furent autant de raisons pour les supprimer jusqu’à ce que l’approche écologique mette en évidence l’utilité de ces écosystèmes peu attirants.

Le livre de Linda Rasoamanana, enseignante en littérature française à l’université de Mayotte, analyse les représentations de ces mangroves dans les divers textes littéraires écrits à et sur Mayotte, exclusivement. Elle a rassemblé trente textes (romans dont polars, nouvelles et théâtre) qui mentionnent la mangrove, écrits par vingt auteurs, vivant ou ayant séjourné sur l’île entre 2000 et 2018 : des recueils de proverbes, des romans des Mahorais dont Nassur Attoumani, Nassuf Djilani, du Malgache David Jaomanoro, de la Mauricienne Natacha Appanah, des métropolitains Joëlle Herry, Janine et Jean-Claude Fourrier, des textes issus d’un atelier d’écriture (Parfum de mangrove, 2001) et des nouvelles écrites à l’occasion d’un concours organisé en 2016 sur le thème de la mangrove.

Elle les étudie conjointement, dans une approche comparatiste et démontre que la mangrove est associée à des images fluctuantes qui oscillent entre la violence, la puanteur, la transgression, la pollution et la beauté, la nature, la spiritualité, le refuge. À la fois,  lieux de rituels, espaces jonchés de détritus et de drogues où se côtoient  pêcheurs, trafiquants, immigrés clandestins. Ce labyrinthe est présenté comme étouffant, dangereux et magnifique ; il donne à voir, à entendre, à sentir, à toucher.

De Dominique Ranaivoson

Source : http://africultures.com/limaginaire-des-mangroves-de-mayotte-par-linda-rasoamanana/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=486

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here