vendredi 5 mars
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ENVIRONNEMENT

Marée noire à Maurice : l’armateur du navire promet 8 millions d’euros

Photo: © Mobilisation Nationale Wakashio

L’armateur japonais du navire qui a provoqué une fuite d’hydrocarbures sur la côte de l’île Maurice a promis vendredi de débourser l’équivalent d’environ huit millions d’euros en guise de dédommagement pour contribuer à la dépollution.

La compagnie Mitsui OSK Lines a déclaré dans un communiqué vouloir « participer à hauteur d’un milliard de yens environ, sur plusieurs années, aux mesures » de dépollution, qui incluent des projets pour protéger les espaces de mangroves et les coraux ainsi que la mise en place d’un fonds pour restaurer l’environnement local.

Le vraquier MV Wakashio a heurté un récif de Maurice le 25 juillet, et une partie des 3.800 tonnes de fioul et 200 tonnes de diesel qu’il transportait s’est répandue par la suite dans les eaux cristallines de l’île, qui attiraient de nombreux touristes avant la pandémie.

Plus de 1.000 tonnes d’hydrocarbures se seraient échappées du navire, le reste ayant pu être pompé à l’intérieur de la coque avec qu’elles ne se répandent dans la mer.

La plus longue partie de l’épave brisée en deux a été remorquée au large et coulée à grande profondeur. Mais le reste du navire, la poupe surmontée de la superstructure, reste échoué sur le lieu du naufrage.

Comme l’armateur, le propriétaire du navire, la société Nagashiki Shipping, a présenté des excuses. Elle s’est engagée le mois dernier à répondre « sincèrement » aux demandes de dédommagement, le gouvernement mauricien ayant fait savoir son intention de demander des compensations.

Le ministre nippon des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi a également déclaré la semaine dernière que le Japon continuerait à soutenir les activités de dépollution.

L’enquête sur l’accident par les autorités mauriciennes est toujours en cours.

L’agence de presse japonaise Kyodo a affirmé fin août que les membres de l’équipage auraient rapproché le navire de la côte pour capter du réseau mobile afin de téléphoner à leurs familles.

Citant une source judiciaire anonyme, Kyodo avait précisé qu’une fête d’anniversaire bien arrosée avait été célébrée à bord avant l’accident, mais sans qu’il soit certain que les marins de quart à ce moment là y aient participé.

@AFP

La plateforme crowdfund.mu récolte Rs 21 m

«À ce jour, nous avons pu récolter Rs 21 219 328 (environ 450 000 euros) de 12 000 donateurs, de 121 pays différents.»  C’est ce qu’a affirmé Sébastien Sauvage, de l’ONG Eco-Sud lors d’une rencontre avec la presse le jeudi 10 septembre 2020.

Au top 10 des pays donateurs, on trouve notamment le Japon avec 25 %, suivi de l’Angleterre avec 13, 40 %, des États-Unis avec 12 % et Maurice avec 11, 3 %. Selon Sébastien Sauvage, 55 % des dons ne dépassent pas Rs 500. «Chacun a donné ce qu’il pouvait donner.»

Sébastien Sauvage  explique que la levée de fonds s’accompagne d’une grande visibilité car des influenceurs comme Greta Thunberg ont partagé le lien. Énorme visibilité également grâce à #savemauritiusreefs qui a joué un rôle important dans la visibilité de la campagne.

Sébastien Sauvage annonce que ces dons seront utilisés pour des formations. Tout d’abord, former des guides terrestres et marins. Ensuite, former des agriculteurs avec des partenaires de l’endroit déjà dans l’agriculture, au sein du programme lagon bleu et finalement mobiliser des institutions comme le MITD, les SMEs, l’Ecole hôtelière et l’UOM pour développer d’autres moyens de subsistance et mettre en place un concept, «La Cité des Artisans», où les gens impactés par la marée noire pourront développer un know-how en menuiserie, plomberie, boucherie, etc.

© lexpress.mu

La pire catastrophe écologique du pays…

Le 26 juillet, les habitants de Pointe d’Esny se réveillent avec une triste image: l’épave du MV Wakashio drossée sur les récifs. Le navire japonais battant pavillon panaméen s’est échoué la nuit précédente. 12 jours après, il déverse son contenu dans les lagons, causant une marée noire. Sans perdre de temps, les Mauriciens, main dans la main, s’activent pour limiter les dégâts.