ADANSONIA PERRIERI, UN BAOBAB SUR LA LISTE ROUGE UICN

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Chercheur et spécialiste des baobabs, Cyrille Cornu nous emmène à la découverte des géants de la Grande Île.

© Cyrille Cornu

Grand et élancé, Adansonia perrieri mesure jusqu’à 35 m de hauteur pour 1 à 2 m de diamètre ! Ses feuilles sont dites « digitées » ou encore « palmées » car elles sont composées de 7 à 9 folioles dont l’agencement ressemble aux doigts d’une main. Son écorce est rugueuse, de couleur gris clair.

Le botaniste René Capuron l’a découvert en 1958. Il lui a attribué un nom scientifique en hommage à Henri Perrier de la Bâthie, célèbre auteur de la flore de Madagascar.

Le géant fleurit entre novembre et décembre, en début de saison des pluies. Sa fleur délicate et gracieuse est considérée comme la plus évoluée chez les baobabs. Elle se compose de cinq pétales dont la couleur est blanche au moment de l’éclosion puis jaune quelques heures plus tard. Leur parfum est proche de celui des fleurs de frangipanier ou d’amandier. Il est repérable à plusieurs centaines de mètres à la ronde ! Les fleurs s’ouvrent au crépuscule. A la tombée de la nuit, des sphinx viennent les butiner. Au petit matin, c’est au tour des abeilles de les courtiser pour leur pollen.

Les fruits mesurent jusqu’à 40 cm de long. Les graines qu’ils contiennent sont petites comparativement aux autres espèces de baobabs. Les malgaches portent peu d’intérêt à cet arbre appelé localement « Bozy ».

© Cyrille Cornu

Adansonia perrieri est difficile à localiser car il vit caché au cœur de forêts denses. Une soixantaine de pieds ont néanmoins été découverts récemment à l’aide d’images satellites. Petit à petit, l’arbre livre ses secrets. Les dernières observations indiquent une forte régénération accompagnée d’une belle dynamique forestière pour cette espèce qui semble en phase de colonisation des forêts à tendance humide du Nord de Madagascar. Au regard de sa distribution large mais éclatée, il est probable que ses effectifs sont actuellement largement sous-estimés.

© Cyrille Cornu

L’espèce est inscrite en « danger d’extinction » sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Elle vit dans des milieux difficiles d’accès et de ce fait elle est faiblement menacée par l’homme. D’après nos dernières recherches, Adansonia perrieri sera moins touché par le changement climatique que son cousin Adansonia suarezensis.

© Cyrille Cornu

Texte et photographies

Cyrille Cornu

Biogéographe, naturaliste

Chercheur au Cirad

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