DIALOGUE AVEC LES STATUES MALGACHES

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Ìzazàbé, de son vrai nom Xavier Fischer, est un artiste et designer graphique français né en 1972 et basé à Antananarivo.

Après avoir travaillé 17 ans en tant que directeur artistique, principalement dans l’édition et le secteur culturel, il décide, en 2013, d’engager une démarche artistique personnelle. Les premières créations qu’il propose sont imaginées à partir de photoshop et d’illustrator et diffusées en numérique. Pendant quatre ans, il va proposer un projet à destination des enfants, mélangeant édition, street-Art et éducation. Ce projet, dénommé «Le bébé géant», va déboucher sur l’édition de deux livres, plusieurs expositions et l’animation de workshops entre Lyon et Antananarivo.

Mais, petit à petit, son travail devient plus introspectif. En 2018, il revient à Madagascar, pays qu’il parcourt régulièrement depuis 12 ans. Passionné d’art et d’artisanat malgache, il commence à travailler avec les artisans ; fondeurs, cornetiers, ferronniers…. il expérimente ! En 2019, il est amené à travailler sur son premier projet d’envergure à Antananarivo. Il dessine pour Ravinala Airports un baobab-sculpture de 7 mètres de haut…

Début 2020, définitivement installé à Antananarivo, il poursuit son travail artistique. S’il n’abandonne pas le numérique qui fait partie de son ADN, il décide d’épurer son travail et de revenir à ces premières émotions artistiques : le dessin. Féru de photographie des années 50 (Cartier-Bres- son, Doisneau, Man Ray…) et peut-être en réaction à son ancien métier, il décide de travailler exclusivement en noir et blanc. Il entame alors un dialogue avec le monde qui l’entoure. Madagascar s’installe tout naturellement au cœur de son œuvre.

S’il puise son inspiration dans l’art contemporain (Man Ray, Warhol, John Baldessari ou Ed Rusha) il est clairement influencé par l’art japonais de l’estampe et par la sculpture africaine.

Ma tombe est toujours ma tombe, mais mon cœur en est une autre. C’est ma tombe en dehors de la terre ; c’est ma seconde tombe. — J. J. Rabearivelo

“C’est en achetant un livre « Madagascar – Art de la Grande Île » que j’ai commencé un dialogue avec les statues malgaches. Je les ai tout d’abord longuement regardées. Statues le plus souvent déformées par le temps, visages lacérés, membres cassés… J’étais fasciné par l’énergie qu’elles continuaient de dégager, elles étaient vivantes, elles portaient en elles des milliers de regards entre Madagascar et leur pays d’exil. Elles semblaient me raconter leurs histoires, me raconter leurs peines et leurs déracinements. Elles me confrontaient également à mon propre déracinement. Alors, j’ai entrepris de les sortir des musées et des collections privées. J’ai commencé à les esquisser, au fusain, mais très vite, j’ai opté pour la précision du feutre car j’ai voulu prendre une posture de photographe, ne pas les trahir simplement les « ressentir ». J’ai choisi de les regarder comme des personnages vivants, le plus sincèrement possible, le plus simplement possible. Mon seul parti pris étant de choisir le cadrage et de rajouter les couleurs auxquelles elles avaient été arrachées ; le bleu du ciel, le rouge de la terre, le jaune du soleil… Les ramener, un peu, au pays.”

Vous pouvez découvrir les œuvres de Ìzazàbé à la galerie ROSES & BAOBAB à Antsahavola

Ìzazàbé

Lot 14 D, Imerinafovoany Antananarivo Madagascar

+ (00 261) 34 59 390 22

info@izazabe.com

www.izazabe.com

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